La grippe
Les remèdes d'hier...
À tous les automnes, les maladies courantes, comme le rhume et la grippe s'accentuent et nous courons vers les remèdes. Il en était ainsi dans les années 1940, mais les remèdes étaient fort différents. Les pharmacies n'étaient pas comblées comme aujourd'hui, mais il y avait les remèdes maison qui, d'après nos parents, étaient fort efficaces. On a beau les appeler " l'onguent, le sirop ou le cataplasme à Mémère", ils ne manquaient pas de soulager tout autant que la pharmacie d'aujourd'hui. Souffrait-on de la grippe, tout fiévreux, tout frileux ? Une bonne "ponce" (probablement le punch d'aujourd'hui) faite de citron, de miel, de gin et d'eau chaude avait souvent l'effet d'endormir la grippe. Il y avait le substitut du lait bouillant avec poivre, sucre et liniment qui faisait un bon effet. Quand la grippe et la fièvre étaient tenaces, une bonne mouche de moutarde sur la poitrine avec un bon bain de pieds à l'eau chaude, saupoudrée d'un peu de moutarde sèche, tout cela avant de se mettre au lit, remettait notre malade sur pied le lendemain. Ce traitement demandait souvent à être complété par du sirop d'écorce d'épinette rouge ou du sapin. D'autres y allaient d'un sirop de cocottes de vinaigriers et miel. L'arrivée des remèdes de l'abbé Warre ou du sirop Lambert ne donnait pas de meilleurs résultats. Pour le mal d'oreilles : quelques gouttes d'huile chaude avec du jus de citron et une poussière de clou de girofle. Pour d'autres, des tranches d'oignon. Quand le mal persistait, la fumée chaude de la pipe, soufflée dans l'oreille. Il y avait aussi les remèdes de charlatans. Toute une ribambelle de précèdes, mi-médicament, mi-superstitieux, étaient recommandés pour les clous (furoncles), les panaris, les orgelets, les maux de gorge, etc. La fée Carabosse n'aurait pas fait mieux. Allez vous frotter sur l'auge des cochons pour vos oreillons. Frottez vos orgelets avec la queue de la chatte. Frottez vos verrues avec une patate coupée en deux et jetez la patate derrière vous sans regarder. N'allons pas trop blâmer nos anciens de leur naïveté; aujourd'hui, alors que la science médicale a fait beaucoup de progrès, il y a encore des "soigneux du secret" qui reçoivent une clientèle assidue. L'auteur de cet article ne se rend pas responsable des effets secondaires de cette médication. Raoul Laverdière, dit le Gribouilleur
